Journal d'un branleur - Part three

Publié le par Atelier de l'Impasse

La consultation génétique, ça évoque quoi pour vous ? Pour moi, c’est une consultation avec quelqu’un qui connaît un peu la génétique et qui tente de déterminer votre profil génétique. Eh ben c’est a peu près ça pour ce qui est de celle qui est effectuée au CECOS, à quelques détails près.

 

Bon, j’avais rendez-vous à 10h pour la consultation, puis ensuite je devais avoir une prise de sang et faire un prélèvement. Dans l’ordre, j’avais imaginé prise de sang / consultation / prélèvement. Parce que bon, la branlette au saut du lit c’est moyen moyen. Ben j’avais tout faux. Arrivé un quart d’heure en avance, on m’a demandé (sans me demander en fait) de faire le prélèvement. Ouch ! Duraille dès le matin. Mais bon, je ne fais pas ça pour la gloire, alors je m’y suis plié de bonne grâce. Pénible, aucun plaisir, comme les autres fois. Rapide mais pénible.

 

Je me dirige alors pour rencontrer la cytogénéticienne et manque de bol, elle était déjà en rendez-vous. Je me suis fait griller la politesse parce que j’étais en avance. Chier. Je prends mon mal en patience, difficilement, et je poireaute une demi-heure, spectateur du ballet incessant de ceux qui viennent pour la même chose que moi, mais obligés par leur médecin, eux. Bref, je finis par l’avoir, cette foutue consultation. La dame est très gentille, et nous commençons par établir un arbre généalogique remontant jusqu’à mes grands parents. Bon, ça fait du monde vu que mes parents ont chacun 6 frères et sœurs, et qu’ils ont tous une tripotée d’enfants qui eux aussi en ont plein. Y’a des ronds (filles) et des carrés (garçons) partout sur sa feuille ! Elle note scrupuleusement les différentes maladies que j’évoque, cherchant en fait à établir si je ne suis pas porteur d’un gène délétère, porteur d’une saloperie génétique qu’il serait bon de diagnostiquer avant d’inséminer des personnes avec  mon sperme. Mis à part un cas grave mais assez éloigné de moi, rien de suspect semble-t-il.

 

Le seul truc, c’est qu’au cours de cet entretien, j’ai l’impression d’être un appareil d’occasion dont on inspecte les rouages et les mécanismes, avant d’en faire acquisition. On me scrute les chromosomes, on inspecte mes cellules, on diagnostique les possibles vices de fabrication dont je serais susceptible d’être porteur. C’est curieux.

 

Puis, direction la prise de sang. C’est un médecin qui m’emmène voir la personne qui est censée me saigner (une dizaine de tubes mais on s’en fout, c’est juste une prise de sang), et j’en profite pour dire tout ce qui ne me plait pas et pour poser toutes les questions restées en suspens :



 

1/ Les conditions de prélèvement (du sperme) : elle en a conscience, mais s’ils mettent à disposition des journaux correct, ils sont volés ! Ils ont bien pensé à la vidéo, mais c’est hyper cher et l’hôpital public à d’autres soucis. Bref, ils sont assez gênés, mais que faire ?

 

2/ L’acronyme CECOS, ils n’avaient jamais percuté ! C’est moi qui leur ai fait prendre conscience du risible de la chose. Incroyable (j’apprends au passage que ce que je croyais être une formalité technique, en ce qui concerne les prélèvements, n’en est pas une pour tout le monde. Des tas de types n’y arrivent pas, ou très laborieusement. Serais-je vraiment un branleur de première catégorie ?)

 

3/ Pour ce qui est de cette histoire de 10 enfants maximum, j’apprends aussi ceci : je croyais qu’au bout de 10 enfants, on m’interdisais de continuer à donner (ce qui impliquait que je sache avoir 10 enfants issu de mes gonades dans la nature. C’est pas ça du tout. En fait, ils font environ 5 aliquotes de mon sperme à chaque fois, ce qui fait 25 possibilités d’insémination. Après, tout est utilisé à concurrence de 10 grossesses, mais pas plus (comme je l’ai déjà indiqué). Par contre, si aucun des 25 aliquotes n’a de suite, que tout foire, je n’en sais rien non plus. Donc pour résumer, je fais 5 dons en tout et pour tout et ils se démerdent avec, mais aucune information ne transpire de ça. Ce qui est bien plus logique.

 

Au sortir de cette discussion, le médecin m’invite à prendre rendez-vous avec la psychologue. Elle me dit que c’est facultatif, ce qui me va bien parce que je n’ai aucun problème métaphysique avec tout ça. Mais elle me suggère malgré tout d’y aller, et je comprends que c’est plus pour eux (ils veulent récupérer du feed-back j’imagine, ou cerner la psychologie des donneurs, ou ?…). Alors bon, la curiosité de l’expérience prévalant sur le reste, c’est ce que je vais faire.

 

Et comme ça, j’en profiterai pour récupérer tous les résultats des examens qu’ils m’ont fait : spermogramme, caryotype et examens sanguins. Je vous en parlerai plus tard, donc (c’est vrai, qui peut dire qu’un jour, il a vu la photo de ses propres chromosomes ? Quasi personne je pense, et ça c’est une drôle d’expérience).

 

Allez, je vous laisse avec tout ça et j’y reviens d’ici un petit mois. D’ici là portez-vous bien, et réfléchissez : le don de sperme, c’est pas douloureux et ça rend des couples heureux. Franchement, pourquoi se priver ?

 

S

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